Absences*

Je ne sais vraiment plus ce que je fais. Je sais, c'est pas vraiment le moment de se remettre en question, mais ca prend le dessus. J'ai besoin d'un but, d'une raison, et je n'en trouve pas. Avoir un diplôme universitaire, ca va me mener à quoi? A gagner un peu plus d'argent dans un monde capitaliste, bon. Et à perdre 5 années de ma vie qui peut s'arreter à tout moment. J'ai l'impression que je ne vois partir que des personnes qui avaient des projets plein la tête, ce qui devrait m'inspirer, mais tout au contraire, ca m'immobilise. Je suis en saturation émotionelle, je n'en peux plus d'entendre ces voix. Ecouter quelqu'un tout en sachant qu'il n'est plus là, c'est tellement étrange. C'est vraiment des moments immortalisés, et ca me glace le sang. Ce weekend je reviens sur mes pas, je me vois coupable de préjugés qui ne s'avèrent pas correctes. Comme quoi, c'est tellement facile de tomber dans l'opinion publique, soit du côté des partisans, mais à mon âge bien plutôt du côté de la critique incessante. Ta voix sur mon ipod me donne des vertiges. Et ca me rapelle d'autres souvenirs, je regarde ces vidéos et je me dis que ce n'est pas possible, toujours pas, toujours plus. Je m'attends avec un naturalisme dérangeant à ce que vous reveniez, et en même temps je me rends très bien compte que ce n'est pas possible, et que ca n'arrivera Jamais. Ca me déchire, je n'arrive pas à accepter, puisqu'il n'y a rien à comprendre. Je ne crois pas que c'est une question de temps, cette hypersensibilité semble être bien installée et pas prête à décamper. Est ce que je vais toujours traîner ce profond malaise, ce mal de vivre, ces questions plein la tête, auxquelles il n'y aura jamais de réponse? Est ce que je serai toujours instable, lunatique, et tellement sensible qu'un rien me fait écrouler? Alors pour trouver une réponse que je n'ai toujours pas trouvée, je cours, j'accumule les erreurs, mais après tout, ce n'est pas pire que l'inertie de ma raison. Alors, c'est promis, si je n'y arrive pas, je prends la route des rêves, pour peu que ceux ci parviennent à chasser les cauchemards qui hantent mes nuits, et se glissent même dans la moindre de mes absences au monde. Le temps d'un songe, l'horreur se déroule devant mes yeux, encore et encore. Je les vois partir, encore et encore, de façon inattendue. Ca me terrorise. Mon estomac se noue, je tremble, et j'attends que ca passe. Ma fantaisie qui jadis donnait de si belles idées, est maintenant entièrement au service de la mort qui se glisse là où elle peut, sous les formes les plus douloureuses. Vous me direz que "c'est comme ca", et au final cette explication n'est pas pire que celle qui se justifie par la génétique, ou par des causes obscures inidentifiables. Mais quand je vois les histoires de ces enfants, ces jeunes personnes qui meurent à une fréquence beaucoup trop régulière, mon sang ne fait qu'un tour et j'ai vraiment mal, même si je ne les connais pas. Quand j'entends une chanson de Gregory Lemarchal, quand je passe devant 'les petites tombes' quand je vais promener, quand je viens voir la tienne, quand j'imagine les cendres de cette petite fille parmi les dauphins dans la mer, quand je regarde toutes ces photos, que j'écoute les chanson qu'il chantait rien que pour moi, quand je pense à tous ces enfants qui meurent de faim, de soif, et d'abandon, parfois pas tellement loin d'ici, j'ai mal.
J'essaye de me reprendre, mais putain ce soir c'est dur.
Vivo per lei...

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